Deux
poches d’icodextrine pour
les patients hyperperméables
!
D.
Pagniez, O. Moranne, C.
Lessore de Sainte Foy,
E. Boulanger, P. Dequiedt
(38) – Lille
Deux
poches d’icodextrine,
il fallait oser !
Les
auteurs rapportent les
cas de deux patients hyperperméables
chez qui la DPCA a été rendue
possible grâce à l’utilisation
de deux poches d’icodextrine
par jour.
• Patient
1 : une femme de 28
ans a repris la DPCA en retour de greffe rénale,
en utilisant 1 poche d’icodextrine sur 9 heures
la nuit, et 3 poches à 1,36 % de glucose le jour.
Les immunosuppresseurs étaient arrêtés.
La fonction rénale résiduelle a disparu
brutalement 12 mois plus tard. Comme les poches à 3,86
% de glucose n’entraînaient pas d’ultrafiltration,
une 2e poche d’icodextrine fut utilisée
pour obtenir l’équilibre hydrosodé.
Elle procurait une ultrafiltration de 500 ml après
une stase de 6 heures l’après-midi. Deux
poches à 1,36 % étaient utilisées
entre les poches d’icodextrine. La clairance péritonéale
de la créatinine était de 83 l/semaine.
L’état de la patiente fut satisfaisant jusqu’à ce
qu’elle soit transférée en hémodialyse
pendant l’épidémie de péritonites
stériles à l’icodextrine.
• Patient
2 : un homme de 53 ans, longtemps sous
bétabloquant, a commencé la DPCA. L’obtention
de l’équilibre hydrosodé a rapidement
nécessité l’utilisation d’une
2e poche d’icodextrine, laissée
6 heures l’après-midi. La clairance péritonéale
de la créatinine était de 74 litres/semaine.
L’état du patient fut satisfaisant jusqu’à la
greffe rénale, 31 mois plus tard.
Les
patients hyperperméables ont en DPA une exposition
importante au dialysat glucosé frais. Les deux
patients ont utilisé en DPCA deux poches d’icodextrine
par jour pendant 17 et 31 mois, obtenant ainsi une ultrafiltration
et des clairances satisfaisantes. L’exposition
au glucose a ainsi été minimale ; aucun
effet secondaire n’a été constaté,
peut-être grâce à la rétrodiffusion
facile et continue du maltose vers la cavité péritonéale.
Conclusion
La
DPCA avec 2 poches d’icodextrine par jour est
un traitement logique et efficace chez les patients
hyperperméables.
Commentaire
Le
risque d’hypermaltosémie appréhendé par
l’exposition importante et répétée à l’icodextrine
est souvent évoqué mais exceptionnellement
rapporté. L’indication semble trouver
sa place au cours de situations bien particulières.
E. Boulanger
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